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COVID-19 : L'impact de la crise sanitaire sur le trafic de migrants

Updated: Sep 17

Depuis le début de l’année 2020, le monde entier fait face à la pandémie du COVID-19. Pour tenter de l’endiguer, de nombreux pays ont imposé des restrictions en matière de déplacements.




Le 18 mars 2020, l’Union Européenne annonçait la fermeture de ses frontières extérieures.

Des mesures restrictives telles que la fermeture des aéroports, les mesures de confinements et la fermeture des frontières ont alors affecté les mouvements migratoires.

Selon Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes « le nombre de passages frontaliers illégaux détectés sur les principales routes migratoires d’Europe a diminué en avril de 85% par rapport au mois précédent ».

On peut donc constater que la migration irrégulière a considérablement diminué au mois de mars.

Toutefois, malgré les restrictions de voyage et de circulation, le trafic de migrants par voie terrestre et maritime s’est poursuivi dans le monde entier, et ce, dans des conditions encore plus dangereuses.

En effet, malgré une baisse significative du trafic, les réseaux de trafic de migrants n'ont pas cessé leurs activités.

Ces organisations criminelles ont des stratégies bien pensées et savent tirer des bénéficies des crises pour augmenter leurs profits et ainsi assurer la continuité de leurs activités.

De plus, plusieurs facteurs encouragent les migrants à emprunter les chemins de la migration irrégulière.

Les conflits, la violence, les conditions dangereuses et inhumaines les obligent à fuir et à emprunter les voies de la migration.

Les migrants continuent en effet d’emprunter les principales voies de migration terrestre en Afrique, et plus particulièrement dans la région du Sahel et vers le sud du continent, de la Corne d'Afrique vers l'Afrique du Sud.

Par ailleurs, la menace de COVID-19 n'a pas non plus arrêté le conflit en cours en Libye.

Ce pays est le principal point de passage des migrants africains vers l'UE.

Avant le conflit, de nombreux Africains de l’Ouest migraient vers la Libye pour y trouver du travail. Aujourd’hui, avec la guerre et l’intensification des combats, un grand nombre d’entre eux tentent de quitter le pays pour rejoindre l’Europe.

En Libye, les migrants sont également confrontés à un chômage de masse causé par le déclin de l’activité économique liée à la crise sanitaire du COVID-19. Nombre d'entre eux ont perdu leur emploi en raison des mesures de confinement et du couvre-feu, ce qui les a incités à tenter leur chance en traversant la Méditerranée pour atteindre ce qu'ils croient être "l'Eldorado européen".

Ainsi, la situation actuelle ne dissuade pas les gens d'émigrer vers l'Europe.

Les trafiquants promeuvent des alternatives

Face à cette situation, les passeurs promeuvent des alternatives souvent plus dangereuses.

Dans un nouveau rapport, l'agence européenne de police Europol a averti que "la pandémie de coronavirus est déjà en train de modifier le trafic et la traite des migrants".

Comment les passeurs procèdent-ils pour poursuivre leur trafic ?

Les voyages aériens ayant été interrompus pendant quelques mois, les passeurs ont commencé à emprunter des itinéraires plus risqués ou à utiliser des moyens de transport plus dangereux.

Selon l'auteur du rapport d'Europol, "les petits bateaux sont de plus en plus utilisés pour franchir les frontières fluviales".

De plus, pour franchir les frontières terrestres, les migrants sont cachés dans des camions, des véhicules de transport de marchandises et des trains de marchandises, et ce, principalement dans la région des Balkans occidentaux et lors de la traversée de la Manche.

L'ONUDC (Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime) explique que malgré les mesures de confinement adoptées par les pays européens, le trafic de migrants en Méditerranée occidentale et centrale se poursuit en raison des conflits persistants dans la région. En revanche, le nombre de migrants prenant la direction de l’UE via la Méditerranée orientale a diminué.

En ce qui concerne le prix du voyage, dans le contexte de la crise sanitaire liée au COVID-19, les risques opérationnels pris par les passeurs augmentent. Par conséquent, les migrants doivent payer des prix plus élevés pour les services de contrebande.

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